Equateur : nouveau coup dur pour l’opposition de gauche

Guayaquil. Aquiles Álvarez, maire de la métropole équatorienne de Guayaquil, a été arrêté à son domicile dans la nuit de mardi à mercredi. Álvarez, un opposant au gouvernement Noboa, est depuis lors en détention. Dix autres personnes, dont ses frères Antonio et Xaver, ont également été arrêtées.

Les arrestations s’inscrivent dans le cadre de l’affaire « Goleada ». Il fait l’objet d’une enquête pour soupçons de criminalité organisée, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. L’affaire fait suite à une série de mesures répressives visant l’opposition de gauche (a rapporté Amerika21).

Cette arrestation a eu lieu deux semaines seulement après des perquisitions à domicile de dirigeants politiques du parti Revolución Ciudadana (RC). Là aussi, les allégations portent sur le financement illégal du Venezuela et le blanchiment d’argent. Le parti décrit l’Équateur comme une « dictature » dans une lettre officielle. « Nous condamnons et rejetons résolument devant l’Équateur et devant l’opinion publique mondiale la persécution politique brutale à laquelle nous, membres de l’opposition, sommes soumis aujourd’hui », poursuit le communiqué du RC.

Álvarez attend déjà son procès dans l’affaire « Triple A », l’accusation étant un trafic illégal de carburant. Comme conditions, il devait porter un bracelet à la cheville et se présenter au parquet deux fois par semaine. Selon son épouse et son avocat Ramiro García, il s’est toujours conformé. Le procureur de la République lui reproche cependant de ne pas porter de bracelet à la cheville lors de son interpellation.

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Selon plusieurs voix, dont García et Gabriela Rivadeneira, leader du RC, il s’agit d’une tactique de diversion. Rivadeneira le décrit comme un « mur de fumée ». L’arrestation intervient la semaine même où l’Assemblée nationale prendra sa décision sur le président du Conseil judiciaire, Mario Godoy. Le RC se présente contre Godoy Procédure de mise en accusation.

Une condamnation d’Álvarez pour blanchiment d’argent pourrait entraîner jusqu’à 22 ans de prison ; ce serait la fin de sa carrière politique. García a fait appel de la détention de son client. La mesure est « inconstitutionnelle » car Álvarez est accusé deux fois du même crime. La décision viole également le droit à un procès équitable. Selon les normes internationales relatives aux droits de l’homme, la détention provisoire n’est justifiée que s’il existe un risque aigu de fuite.

Pabel Muñoz, maire de Quito et également membre du RC, a qualifié ces actions de « barbarie ». Sur