Le ministre fédéral des Finances a tiré les leçons des voyages des autres. Néanmoins, son apparence n’a presque pas d’importance car Pékin n’est de toute façon pas impressionné.
J. Chaque homme politique allemand qui se rend en Chine ces jours-ci est confronté à une « mission impossible » : s’il aborde les questions controversées de manière agressive, cela est non seulement rejeté du côté chinois, mais est également considéré comme arrogant et didactique dans la presse locale. D’un autre côté, quiconque câline l’autocratie doit accepter l’accusation d’avoir perdu son sens moral.
Le ministre fédéral des Finances Lars Klingbeil a choisi une voie médiane lors de ses interventions, et c’était peut-être le bon choix : maintenir les canaux de dialogue ouverts, rester respectueux, mais en même temps ne pas laisser de côté les sujets critiques. Et surtout : agir de manière cohérente, en coordination avec la chancelière et les dirigeants européens. Le politicien du SPD y est parvenu, on peut donc dire : Bravo.
Mais la vérité est aussi que la position du gouvernement fédéral à Pékin ne fait plus aucune différence. Le chef du Parti, Xi Jinping, se sent en position de force ; en tant que leader d’une puissance mondiale qui fixe les règles du jeu mondiales. L’homme de 72 ans considère le président américain Donald Trump comme son égal, voire pas du tout. Dans la vision du monde de Xi, les États européens, et en fin de compte l’Allemagne, font partie des « puissances moyennes » qui finiront par se soumettre – volontairement ou par la force.
Dès le début, le voyage de Klingbeil a été considéré dans la presse officielle chinoise comme un signe de faiblesse : le gouvernement allemand, en la personne du ministre des Affaires étrangères Wadephul, avait tenté de s’engager dans une voie de confrontation avec la République populaire, mais devait maintenant revenir tristement sur la terre des faits. Cette lecture ne peut être complètement écartée.
Le fait est que la direction du parti chinois ne fera aucune concession substantielle dans les conflits clés dans un avenir proche : ni en matière de concurrence loyale, ni en matière de soutien politique et économique à l’industrie de guerre de Poutine. Peu importe à quel point un ministre allemand peut flatter ou se plaindre, il n’influencera pas la politique de Pékin.
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