La Havane. Le gouvernement américain a placé lundi dix institutions et entreprises cubaines sur la liste des sanctions du département du Trésor américain, l’OFAC. Il s’agit notamment du ministère cubain du Tourisme, de la société maritime et portuaire GEMAR et du groupe de commerce extérieur GECOMEX.
La base juridique est le décret 14 404, signé le 1er mai par le président américain Donald Trump. Il permet à Washington de geler les avoirs américains de personnes ou d’organisations qui soutiennent le gouvernement ou l’économie cubaine. Cela augmente également la pression sur les banques qui travaillent avec des entités cubaines. Les entreprises qui ont des contrats avec les entités sanctionnées ont jusqu’au 12 août pour les liquider sans risquer elles-mêmes de sanctions.
Les sanctions du ministère du Tourisme frappent un secteur central de l’économie cubaine et plongé dans une profonde crise.
L’office du tourisme cubain en Allemagne a fermement condamné cette mesure auprès d’Amerika21. La nouvelle mesure coercitive fait « partie de la guerre contre le peuple cubain, ses conditions de vie et ses moyens de subsistance les plus importants », a-t-il déclaré mardi. La sanction a « d’énormes coûts sociaux et humains » qui ont un impact direct sur la population cubaine, « mais aussi sur les intérêts commerciaux de nos partenaires et clients réguliers, ainsi que sur le droit légitime des citoyens du monde de circuler librement et sans représailles ni sanctions ».
L’autorité a également dénoncé le caractère « unilatéral, arbitraire et intimidant » de ces mesures, qui violaient « toutes les normes juridiques internationales et les principes fondamentaux de l’Organisation mondiale du tourisme ».
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L’administration Trump et ses relations avec Cuba représentent « un avertissement et une preuve claire du danger potentiel qu’elles représentent pour l’humanité toute entière », a poursuivi l’office du tourisme. Cuba relèvera ce défi avec « une résilience et une adaptabilité, une créativité et une intelligence avérées ».
La sanction du GEMAR est également explosive. Le port à conteneurs stratégiquement important de Mariel, avec une capacité de 822 000 unités de conteneurs standard (EVP), appartenait auparavant à la holding militaire cubaine GAESA, déjà sanctionnée, et est le plus grand et le plus efficace de Cuba.
Selon les médias, Cuba a transféré le port au GEMAR. Cette décision visait à permettre aux compagnies maritimes internationales de continuer à faire escale à Mariel sans être frappées par des sanctions secondaires. Plusieurs compagnies maritimes, dont Hapag-Lloyd et CMA CGM, avaient déjà suspendu leurs liaisons avec Cuba pour cette raison. Le GEMAR figure désormais également sur la liste des sanctions.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a qualifié les sanctions d’« acte de punition collective » et de « violation systématique des droits humains de tout un peuple » lors d’un débat à l’ONU la semaine dernière.
Les sanctions américaines ont causé 8 milliards de dollars de dégâts entre mars 2025 et février 2026, en plus de l’impact extrême du blocage du carburant, a expliqué Rodríguez. Pour sa part, le Département d’État américain a déclaré que ces mesures visaient à « frapper les sources de financement » de l’État cubain. Outre les acteurs mentionnés, la liste actuelle des sanctions comprend d’autres sociétés commerciales d’État, des associations militaires et l’organisation d’anciens combattants ACRC.