Maduro et Flores du Venezuela sont détenus aux États-Unis depuis un mois

New York/Caracas. Il y a exactement un mois, Nicolas Maduro, président du Venezuela, et son épouse Celia Flores ont été enlevés aux États-Unis. Depuis, les deux hommes sont incarcérés à la prison fédérale de Brooklyn, à New York. Dans une interview publiée mardi dernier, Carlos Lehder décrit un Germano-Colombien qui a été emprisonné pour trafic de drogue, les conditions de détention. La prison est un « monde obscur » dans lequel « les cellules n’ont ni lumière, ni soleil, ni conversation humaine sauf avec les gardiens », explique-t-il. Il a vécu ces conditions comme l’un des « hommes les plus dangereux du monde ».

Le portail d’information France 24 a également fait état de conditions de détention « inhumaines » quelques jours après l’enlèvement de Maduro et Flores. Les deux hommes devraient donc passer 23 heures par jour dans leurs cellules respectives.

La deuxième journée du procès était initialement prévue le 17 mars, mais a été reportée au 26 mars hier lundi, à la demande du parquet, pour des « raisons logistiques ». Au cours du premier mois qui s’est écoulé depuis l’inculpation, le procès a peu progressé. Lors d’une première audience le 5 janvier, Maduro a plaidé « innocent » et a souligné qu’il était un prisonnier de guerre et le président légitime du Venezuela (a rapporté Amerika21). Quelques jours après le premier jour du procès, il a été annoncé que les accusations portées contre Maduro pour avoir dirigé le prétendu cartel de la drogue, le Cartel de los Soles, ne seraient plus portées. Le cartel n’existe pas, selon le ministère américain de la Justice (a rapporté Amerika21).

Maduro est en outre accusé de « triple complot de trafic de drogue », d’importation de cocaïne et de possession d’armes. Flores devrait être jugé pour deux chefs d’accusation de complot en vue d’importer de la cocaïne, de complot en vue de possession d’armes et de possession d’arme.

Le principal défenseur de Maduro, Barry Pollack, qui a également défendu le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, n’a pas encore demandé de libération sous caution. Il n’a toutefois pas exclu cette possibilité auprès de la presse. Il a annoncé qu’il fournirait « de nombreux documents prouvant que Maduro était le chef d’un Etat souverain » et que « l’enlèvement par l’armée était illégal ».

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Simón Gómez Guaimara, un expert juridique du Venezuela, a également exprimé des doutes sur la légalité de la procédure auprès de Deutsche Welle dans un article récent : « Même si un pays dispose de mandats d’arrêt légitimes émis par ses tribunaux, cela n’autorise pas ses forces armées à envahir un autre État souverain armé et à procéder à des arrestations ».

Selon les experts, la question de l’immunité de Maduro n’est pas non plus claire. Dans ce cas, Gómez Guimara soupçonne que les États-Unis pourraient se référer au cas de l’ancien dirigeant du Panama, Manuel Antonio Noriega. Il a été kidnappé lors de l’invasion américaine du Panama en 1989 et jugé aux États-Unis. À l’époque, l’argument était que les États-Unis ne reconnaîtraient pas sa présidence.

Le juge qui préside l’affaire actuelle est Alvin K. Hellerstein, 92 ans, nommé par l’ancien président Bill Clinton en 1998. Selon les informations de l’agence de presse EFE, il est chargé de l’affaire depuis mars 2020, date de l’acte d’accusation initial, et connaît donc « très bien les preuves et les arguments du parquet ».

Au Venezuela, depuis le 3 janvier, des appels réguliers sont lancés dans la rue pour demander la libération de Maduro et Flores et leur retour au Venezuela. Jeudi dernier encore, selon les médias, des milliers de personnes sont descendues dans la rue. Une autre grande manifestation est prévue aujourd’hui, mardi. Aux Etats-Unis, des manifestants ont également manifesté lundi à New York pour la libération du chef de l’Etat et son retour au Venezuela.