L’avocate Ruth López, emprisonnée au Salvador, est gravement malade

San Salvador. Selon l’organisation non gouvernementale Cristosal, la défenseuse des droits humains Ruth López, emprisonnée depuis plus d’un an, est gravement malade. Elle aurait d’abord été opérée à l’hôpital, puis ramenée en prison le lendemain. La famille et Cristosal n’ont reçu des nouvelles de cette maladie qu’après coup. Ils n’ont été informés ni du transfert, ni du motif de l’intervention médicale ni de leur état de santé actuel.

Ruth López, qui dénonce depuis des années la corruption de l’État au Salvador, a été arrêtée le 18 mai 2025. Les allégations portaient d’abord sur le blanchiment d’argent, puis sur l’enrichissement illégitime ou le détournement de fonds dans le cadre de son travail de conseillère auprès de la Cour électorale suprême du gouvernement en 2016, sans qu’aucune preuve ne soit présentée pour étayer l’une ou l’autre de ces accusations. Elle est en détention au secret depuis le 4 juin 2025. Le procès n’est pas public et il n’y a aucune information sur l’état de l’enquête.

Le 22 septembre 2025, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a ordonné des mesures de protection à son égard car elle court un grave danger, son droit à la vie, à son intégrité personnelle et à sa santé est menacé et elle pourrait subir un préjudice irréparable. Le gouvernement salvadorien a donc été appelé à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger efficacement leurs droits fondamentaux. Les organisations de défense des droits de l’homme critiquent le fait que l’État n’a pas rempli cette obligation de protéger adéquatement leur santé. De même, l’obligation de fournir à la famille des informations véridiques, appropriées et compréhensibles sur le diagnostic, le type de traitement médical, les risques associés et les perspectives de guérison n’a pas été respectée.

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Ces derniers mois, de nombreuses organisations de défense des droits humains ont demandé la libération immédiate et inconditionnelle de Ruth López. Il a été décidé à l’unanimité que les allégations portées contre elle par le bureau du procureur général ne justifiaient pas sa détention. Certaines sources estiment également qu’il n’y a aucun « cas » du tout. Le manque de transparence entourant la procédure suggère que Ruth López pourrait être réduite au silence et que son maintien en détention pourrait servir d’exemple effrayant pour d’autres défenseurs des droits humains.

Amnesty International profite de cette occasion pour lancer une pétition en ligne appelant à la levée du secret, à la famille et à ses avocats pleinement informés, à ce que leurs soins médicaux soient pleinement garantis et à leur libération le plus rapidement et sans condition possible.